Un blog saphique tout en délicatesse. Photo soft certes, mais des textes érotiques uniques, décrivant parfois par le menu, des amours lesbiens non dénués de force, voir d'une légère perversion.
Nous nous sommes rencontrés sur ce marché, un matin froid et ensoleillé d'automne. Très vite la complicité, la connivence et les sentiments nous ont rapprochés. Nous avons parlé de nos vies, de nos joies, de nos peines, de nos amours.
Toujours sur ce marché, dans ses allées, entre ses étals, au café d'en face. Jusqu'à ce premier baiser d'amoureux, échangé sur ce trottoir étroit et passager.
Aussitôt nous sommes allés dans cet hôtel, où j'avais si souvent rêvé t'emmener. Je t'ai déshabillée avec douceur, tu as fais de même avec tendresse. Nos mains se sont effleurées, touchées, caressées. Nos lèvres cherchées, goûtées, explorées. Nos corps frôlés, étreints, fusionnés. Puis nos sexes, avides et désireux l'un de l'autre, se sont trouvés et offerts.
Des instants empreints de sensualité, d'érotisme et d'intemporalité sublime. Et cette idée que notre amour ne serait plus désormais qu'éternité...
Et puis, nous nous sommes retrouvés sur ce marché bruyant du plein été. Rien n'avait changé, immuable cadence de la société gorgée de soleil. La chaleur suffocante de cet air doux, les voluptueuses senteurs se dégageant des étals, nos mains qui ne se quittaient plus, nos cœurs qui battaient à la chamade, à cette idée de nous unir encore dans cette petite chambre, antre de nos rêves complices et de nos délices.
Nous sommes montés côte à côte.
Ton regard tendre a épié le moindre de mes gestes sous cette douche apaisante et rafraîchissante. De mes cheveux relevés aux courbes de mes seins, de mes lèvres entrouvertes à la cambrure de mes reins. Tu m'as rejointe et nos corps, à nouveau, se sont envoûtés, déroutés par tant de passions retenues, d'envies secrètes.
L'eau scintillait sur nos peaux comme de petites larmes de plaisir, se mêlant au balai de nos langues, réfrénant à peine cette fièvre de nous, se nourrissant de nos bouches, se délectant de nos corps.
La porte s'est refermée une fois de plus sur deux amants éperdus. Dans mes rêves les plus fous, j'en conserve la clé pour l'éternité...
Texte : Cokinou et moi